Et si nos plats parlaient ? Ce que la cuisine créole dit de notre histoire d’aujourd’hui

Découvrez comment la cuisine créole raconte notre histoire, notre identité et notre adaptation en diaspora à travers des recettes vivantes.

CULTURE

6/1/20252 min read

un bol du poulet en sauce juteux avec de l'oigon
un bol du poulet en sauce juteux avec de l'oigon

Parler créole, c’est une chose. Cuisiner créole, c’en est une autre. Dans la diaspora, la cuisine devient une manière quotidienne de dire qui on est, d’où l’on vient, et comment on s’adapte. Car nos assiettes parlent, elles aussi. Elles racontent l’histoire d’un peuple qui voyage, s’enracine ailleurs, mais garde ses marmites bien ancrées dans la mémoire.

Entre substitutions et souvenirs : cuisiner créole hors du pays

Dans une épicerie de Montréal, devant un bouquet de persil italien, une maman cherche du “persi fransé”. En Floride, un jeune tente pour la première fois de faire du griot avec de la dinde. Partout où l’on vit loin d’Haïti, la cuisine créole devient un acte d’invention.

Trouver du djon djon ? Mission quasi impossible. On remplace. On improvise. Mais derrière chaque substitution se cache une volonté : celle de recréer une émotion. Car ce n’est pas seulement le goût qu’on cherche, c’est le lien. Le “sòs pwa” qui mijote sur le feu, c’est aussi la voix d’une grand-mère qu’on entend encore, les plats partagés sur une galerie tiède un dimanche après-midi.

Héritage ou métissage : une cuisine qui évolue

Doit-on cuisiner exactement comme nos ancêtres ? Pas forcément. La cuisine créole n’est pas figée, elle a toujours été un mélange, un terrain de résistance et de créativité. En diaspora, elle continue de vivre — mais autrement.

Aujourd’hui, beaucoup revisitent les classiques : un “bouillon” végétarien avec du tofu, un gâteau au pain à la noix de coco râpée bio, ou un diri kolé sans riz blanc mais avec du quinoa ou du riz brun. Est-ce encore de la cuisine créole ? Oui, si le cœur y est.

Ce qui compte, ce ne sont pas toujours les ingrédients exacts, mais l’intention : nourrir avec amour, transmettre, faire exister une culture dans un monde qui change. Dans bien des foyers, les enfants mangent un spaghetti haïtien allégé, ou un pikliz doux adapté aux palais sensibles. Et pourtant, la culture se transmet.

Ce que disent nos recettes aujourd’hui

La manière dont on cuisine dit beaucoup de nous. Nos plats sont le reflet d’une génération qui veut honorer ses racines, mais aussi trouver sa place dans un monde aux rythmes différents.

Un repas créole préparé en pleine semaine entre deux réunions virtuelles, un griot version “air fryer” pour gagner du temps, un soup joumou fait en janvier pour honorer l’indépendance même loin de Port-au-Prince… Chaque choix culinaire devient un geste symbolique. Une affirmation identitaire douce, mais puissante.

Transmettre sans figer : cuisiner créole, c’est aussi raconter

Cuisiner créole dans la diaspora, ce n’est pas juste répéter une recette. C’est raconter une histoire à travers un plat, un geste, un goût. C’est offrir un bout de mémoire à ses enfants, à ses amis, à soi-même. Et même si l’assiette change un peu, elle continue de dire l’essentiel : “Nou la toujou”.

💬 Vous cuisinez créole à votre façon ? Partagez cet article avec quelqu’un qui donne vie aux recettes d’héritage, même loin du pays 💛
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